L’enfer c’est les autres: maux et réflexions sur l’autophobie

 

 

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À une époque où les communications sont au cœur de nos sociétés, être considéré comme quelqu’un de sociable est une qualité indispensable pour être accepté. La place importante des réseaux sociaux dans nos rapports aux autres serait source d’espoir face à la peur de la solitude. Un sentiment humain qui peut se transformer en enfer de soi : l’autophobie.

L’autophobie, c’est la peur irraisonnée de l’abandon, de l’isolement, du rejet. Peur du noir, angoisse liée au silence. Elle se manifeste de différentes manières, et comme beaucoup de phobies, elle résulte souvent d’un traumatisme ou d’un choc émotionnel. Les autophobes ont besoin d’être entourés et rassurés en permanence, et perdent peu à peu confiance en leurs capacités. Ils projettent ce besoin de se sentir entourés sur une ou plusieurs personnes qui leur apporte validation et estime. Ce sentiment de ne jamais être à la hauteur malgré les retours positifs d’autres personnes, la haine de soi et la perte d’intérêts pour toute interaction sociale m’ont accompagné pendant 3 ans. Je décide d’en parler à un moment où je reprends doucement le contrôle sur ma vie, dans l’espoir naïf que mon expérience puisse servir à d’autres.

Identifier et comprendre les origines de la peur

J’ai construit mon rapport à la solitude comme tous les enfants ‘normaux’ : mon environnement a toujours été sécurisant et j’ai eu une enfance heureuse. J’avais conscience que si mes parents s’absentaient, cela ne signifiait pas qu’ils ne reviendraient plus jamais. Pas de carences affectives, pas de séparation brutales avec mes parents. Le fait de me retrouver seule était même quelque chose de positif pour moi. Ma personnalité fait que j’ai voulu comprendre puis faire les choses par moi même très jeune. Enfant, ça ne me dérangeait pas de jouer seule, et adolescente, lorsque j’ai commencé à écrire, à blogguer, j’avais besoin d’être seule pour être réellement productive. Bref, j’étais à l’aise avec moi même.

Dans mon cas, j’ai toujours pensé que ma peur panique de me retrouver dans le noir, de sortir toute seule, d’être jugée par les autres, ou toute autre manifestation d’autophobie était liée à ma personnalité. Certains n’aiment pas telle ou telle chose, c’est comme ça, il faut l’accepter et vivre avec.

 

« Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation puis la reconstruction, se sont tous ces sentiments qui deviennent, réunis, les phases du deuil. Le deuil d’une petite fille trop jeune pour tout ce qu’elle a vécu, le deuil d’une enfance dont elle ne veut plus se rappeler, le deuil d’une princesse qui n’a pas eu le conte de fée qu’elle aurait dû avoir. »

Paulo-Coelho

Il est toujours plus difficile d’accepter un état quand on sait pertinemment que ce sont nos choix, nos décisions qui en sont à l’origine. J’avais choisi de faire entrer dans ma vie cette personne, qui croyait en moi, valorisait mon potentiel, complimentait ma maturité, et je lui ai laissé une grande liberté d’action dans plusieurs aspects déterminant de ma vie. Ce n’était pas cette personne, c’était moi. Quand après mon bac il a fallu choisir ma formation universitaire, je lui ai encore fait confiance pour m’aider à trouver « le domaine fait pour moi », c’était encore moi. Bien entendu, je m’y suis plu, j’étais d’accord avec chacune de ses suggestions, et cette fois encore, c’était moi. Quand du jour au lendemain cette personne m’a laissé assumer les conséquences de nos actes et que mon corps n’a pas suivi, je n’ai pas su encaisser le choc. Je n’étais pas sur mon pied d’appui, et rassembler toute ma dignité pour faire comme si de rien n’était ne remplissait pas le gouffre qui s’était créé à l’intérieur de moi. Voilà ce que ça coute, de construire son équilibre autour du mauvais pilier.

Au lieu d’y faire face, j’ai choisi la fuite : attaquer et insulter, se détourner des choses en priant pour qu’elles s’effacent de ma mémoire. Je me disais « un jour, dans 10 ans, je n’y penserai plus ». Cet événement est arrivé avec son lot de déceptions et d’idées préconçues dans le déni et la peine. Je n’étais pas digne d’être appréciée, mes efforts ne valaient rien. Je pensais que j’étais « spéciale », nous l’étions toutes. La gravité de la situation prenait une ampleur dans laquelle je me noyais chaque jour. Je refusais d’en parler, j’étais fière, après tout pourquoi remuer le couteau dans la plaie, autant se concentrer sur les choses qui comptent : faire des études, avoir des diplômes, construire sa carrière professionnelle. Comme tout le monde. Des instructions que j’avais fini par intégrer au top de ma liste des priorités, pour fuir.

Persuadée que j’oublierais avec le temps, je me suis séparée de tout par réflexe : j’ai déménagé de cet appartement que j’adorais mais qui renfermait beaucoup trop de souvenirs, et j’ai changé d’orientation avant la fin de ma licence. Je ne voulais plus « être cette personne ». Evidemment j’étais pleine d’assurance, en moi, en mes capacités, et j’étais fermement décidée à rebondir le plus tôt possible. Avec Twitter et les réseaux sociaux je me suis passionnée pour le marketing et je me suis lancée corps et âme dans un DUT spécialisé, avec l’espoir de devenir quelqu’un d’autre.

J’avais organisé ma vie pour rester concentrée, mais dans mon rapport aux autres, j’étais devenue réservée, méfiante, paranoïaque. Je pensais qu’en filtrant mes fréquentations, je me protègerais de futures déceptions, que la vie serait un long fleuve tranquille. Moins de sorties, moins de rencontres, et du jour au lendemain j’avais supprimé tous mes profils sur les réseaux sociaux. Ces personnes virtuelles qui complimentaient ma qualité d’écriture, qui demandaient de mes nouvelles et qui me parlaient quotidiennement sans que je ne sache rien d’eux me dérangeaient soudainement. Mes anciennes copines de lycée qui venaient de valider leurs licences quand moi j’avais recommencé à zéro, me dérangeaient. Peut être que tous riaient de moi dans l’onglet d’à côté, peut être qu’ils me trouvaient bizarre, médiocre… autant de considérations qui ont contribué à déséquilibrer mon estime de moi.

Le monde ne s’arrête pas de tourner

Dans toute période d’isolement, on s’attend souvent à recevoir des tonnes de messages, on a besoin de manquer à nos proches, de se sentir indispensable. Se rendre compte que le monde a continué de tourner autour de notre bulle, que les gens ont continué à évoluer, ça réveille, mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. J’ai commencé à penser que je n’étais peut-être personne, et que finalement, personne ne tenait vraiment à avoir de mes nouvelles. Persuadée que je devais vivre ça seule et être forte, je n’ai rien dit à personne. Je suivais les personnes qui m’intéressaient de loin, et leur progression me fascinait autant qu’elle me ramenait aux deux années que j’avais choisi de ‘perdre’. J’avais régressé, et – chose à ne surtout pas faire- je me comparais à tout le monde. Je détestais les gens pour le travail que je n’avais pas fait.

Il fallait trouver un plan, multiplier les activités, ‘montrer que’. J’ai sauté dans le train de la tendance fitness & shit de façon superficielle, et ça marchait plutôt bien puisque je ne m’alimentais quasiment plus : j’ai perdu 12kg. Je me sentais bien, j’étais passionnée par mes études, et j’ai recommencé à poster régulièrement sur les réseaux sociaux. Je m’en suis tenue au plan jusqu’à cette scène complètement cliché, un an et demi plus tard dans les rues de Tours : une petite fille marche avec sa maman, perd son ballon, je le rattrape, le lui donne, et contre toute attente elle me fait un câlin pour me remercier. Je souris en la regardant partir, mais plus elle s’éloigne plus je sentais monter mes larmes, j’avais de plus en plus de mal à respirer. Apnée du sommeil, crises d’angoisse, le monde se dérobait sous mes pieds et je perdais ce contrôle dont je dépendais.

Autophobie, dépression et rapport aux autres

Les choses ont rapidement dégringolé : je n’étais plus à l’aise avec moi même. Je m’accrochais à mon entourage de façon irrationnelle, presque étouffante, je paniquais pour rien, j’avais de moins en moins de patience, j’attendais le monde en retour du chaos que je proposais en guise d’amitié. Le temps que je ne passais pas à la fac à faire semblant d’être quelqu’un de froid et d’hautain pour qu’on ne m’approche pas, je le consacrais à mes crises de boulimie, chez moi. Le regard des autres sur moi était forcément scrutateur, plein de jugements. J’ai évidemment repris le double du poids que j’avais perdu car mon corps stockait tout ce dont je l’avais privé l’année d’avant, et je haïssais l’image que me renvoyait le miroir.

J’ai recommencé à littéralement péter un câble dans le noir comme quand j’étais petite fille. Mes rares amies devenaient des objets ‘contraphobiques’, des doudous. J’éprouvais le besoin de tout faire avec elles, leur présence familière calmait mon angoisse dans un environnement que je jugeais de plus en plus hostile. Cette dépendance n’est pas négative que pour les autres, elle l’est aussi pour soi. On est prêt à accepter n’importe quel comportement pour ne pas perdre les personnes qu’on aime. On devient incapable de se plaindre de quoi que ce soit, impuissant dans nos relations aux autres, on subit et on se tait. Au fil de mes lectures sur le sujet (que je vous partagerai bientôt), j’ai notamment remarqué que beaucoup d’Autophobes ou d’anciens autophobes ont été des victimes de choix pour les pervers narcissiques de leur entourage.

Au cours de ma thérapie, j’ai compris que l’autophobie n’était pas le diagnostic, mais un symptôme névrotique de ma dépression. J’étais déjà en plein dedans sans le savoir, et au lieu de chercher à comprendre le problème, je m’efforçais de m’en éloigner. ‘Personne ne doit savoir’, ‘ça ne doit pas se voir’, ‘je veux paraître «normale »’.

La dépression, c’est pour les faibles* !

Sans même le savoir, cette phrase allait devenir mon principal obstacle à tout processus de guérison. C’est ce qu’on m’a répété toute ma vie. Et même quand j’ai tenté de m’ouvrir, et de soulever la possibilité que quelque chose ne tournait pas rond, je me suis heurtée à des réflexions du style « tu exagères, tu entres à peine dans la vingtaine, tes plus belles années, tu as un entourage qui t’aime, arrête de dire n’importe quoi ».

Alors quand je me suis retrouvée confrontée à ça, j’ai pensé qu’il fallait que je sois forte, et seule. Aller voir un psychologue c’est avouer cette faiblesse et « payer pour être écouté ». En tant que jeune femme noire, africaine, je savais que culturellement, il serait très difficile pour mes proches d’accepter ma décision de consulter un psychologue.

J’ai donc poussé la porte de ma thérapeute avec tout le poids de la honte, et le sentiment profond d’être une faiblarde qui n’arrive pas à gérer sa vie. Des gens vivaient des chagrins d’amour, des échecs scolaires et bien pire sous mes yeux et s’en relevaient toujours plus forts, pourquoi pas moi ? J’inventais des rendez-vous avec des copines imaginaires pour éviter les questions. Avec les rares personnes qui savaient ce que j’avais traversé, je jouais la carte de celle qui avait tourné la page. Après tout, « je réussissais tout ce que j’entreprenais » donc d’après eux, « tout irait bien ». J’avais bien conscience d’être cette amie aux humeurs changeantes qui tiraient les autres vers le bas, qui ne voulait plus affronter l’extérieur et encore moins faire d’effort pour elle même.

Dans l’indifférence générale j’ai poursuivi ma thérapie, et un petit progrès en a suivi un autre. Le silence dont mes mensonges m’avaient fait bénéficier devenait salvateur. Je suis devenue une fille clichée qui lit des livres de développement personnel et qui fait des recherches Google sur la paix intérieure. Je ne vais pas vous dire que suivre une thérapie c’est trop génial et que vous devriez tous essayer, c’est même un processus extrême et douloureux que je ne suis pas prête à aborder pour le moment. Je consulte toujours ma thérapeute, et je prends du recul sur des choses qui il y a quelque mois auraient pris une importance irrationnelle. Je me recentre doucement sur l’instant, ce que j’ai, ceux qui sont présents, les petits bonheurs du quotidien, et plus sur ce que je devrais avoir. Ce sont mes petits pas vers la liberté.

Vous me trouverez peut être dure avec moi dans l’analyse et la distribution des responsabilités, mais je crois que la lucidité doit primer dans toute introspection. Bien entendu, accepter sa part de responsabilité ne signifie pas forcément de devoir se creuser une tombe dans la culpabilité. Honte, Culpabilité et Traumatisme d’Albert Ciccone et Alain Ferrant m’a d’ailleurs beaucoup aidé à dédramatiser. Le fantasme de culpabilité post traumatique y est expliqué avec beaucoup de justesse : le sujet souhaite atténuer l’impact du traumatisme en créant des scénarios où il est actif au lieu de subir passivement. Cela permet de s’approprier l’événement, de pouvoir le justifier, de mieux le maîtriser. On ne rencontre pas une dépression parce qu’on est faible, ou incompétent, mais bien parce qu’on vit, qu’on expérimente, et que certaines expériences ont des conséquences plus ou moins lourdes. Lorsqu’on se retrouve avec un poids qu’on ne sait pas porter seul ou dont on ne peut pas se débarrasser, il n’y a aucune honte à se faire aider.

Vers la guérison

Je suis extrêmement reconnaissante à l’entourage qu’il me reste d’être encore là. Et à ceux pour qui ma présence est devenue difficile à assumer, sachez que je ne me cacherai jamais derrière une ‘maladie’ pour fuir les conséquences de mes actes. A part vous demander pardon individuellement, je ne peux rien faire de plus. Envers l’amoureux qui me porte sur son dos autant de fois que j’en ai besoin, et ma famille qui s’est montrée d’une surprenante ouverture d’esprit sur le sujet, ma reconnaissance n’a pas de limite. Votre attitude et mes efforts m’ont fait changer de camp. Je ne pense plus que la dépression soit pour les faibles ou « une fausse maladie ».

Au contraire, se terrer dans son mal-être et tenter de s’habituer, c’est servir la légende selon laquelle il est interdit de décevoir les autres. Ceux qui ne vivent pas dans votre peau et qui vous retirent le droit à l’erreur quand ça leur sert sans tenir compte de vos sentiments. Ces autres là. Surmonter sa honte et décider d’entamer une thérapie, c’est une démonstration de volonté : la volonté d’aller mieux, de prendre le taureaux par les cornes, de débloquer une situation qui nous empêche d’avancer.

Parler ou écrire sur sa progression et regarder le chemin parcouru avec satisfaction peuvent aussi constituer une thérapie. La guérison vient aussi avec la conscience d’aller de mieux en mieux. Je suis partie avec un avantage que j’ai toujours aujourd’hui : je sais qui je suis. Je sais que je suis une personne curieuse, intelligente et drôle : la bonne copine qui donne des conseils et qui a toujours la blague débile à balancer. Cette personne s’est certes perdue dans les aléas de la vie, mais elle existe encore quelque part au cœur du brouillard. Il suffit d’aller la chercher, et de travailler dur pour la faire rester, évoluer, et grandir.

Je n’ai pas de recette miracle pour en sortir, mais je partagerai certainement plus tard les quelques petits trucs qui font de grands effets dans mon cas. Je ne demande pas de manifestation d’empathie démesurée, mais je crois que l’honnêteté qu’on exige des autres devrait commencer par soi. Je ne pensais jamais pouvoir partager ce texte, mais en lisant une énième fois le mépris que certaines personnes expriment envers ceux qui ont le courage de parler de leur état psychologique sur les réseaux sociaux, j’estime que saisir la tribune qui m’est offerte est un devoir. Le devoir de contrebalancer avec l’opinion négative, pour faire comprendre à ceux qui traversent la même chose qu’ils ne sont pas seuls. Nous ne sommes pas les êtres les plus malheureux du monde, nous qui avons choisi la vie pour atteindre le bonheur que tout le monde mérite.

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Keiry MOUNIEVOU

25 ans. Storyteller. Etudiante en Master de Marketing Digital à l'Ecole de l'Internet et de la Télévision. Raconter, capturer et partager le monde tel que je le vois, avec des mots, souvent.

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12 Discussion to this post

  1. Océane dit :

    Magnifique témoignage 🙂
    Je me retrouve un peu dans ton histoire. Oui et non en meme temps.
    Chez moi, l' »autophobie » (puisque c’est le nom apparemment) est quelque chose qui s’est construit de par les autres. Comme tu dis (enfin surtout Sartre), l’enfer c’est les autres. Je pense qu’on peut dire que la vie nous brise tous, elle m’a juste brisée un peu plus.

    Comme les réflexions que tu as eut, je les ai toujours aussi. Par moment, je me dis qu’il faudrait peut etre que je demande de l’aide car je sais ce qui ne va pas. C’est juste parfois dur de combattre ça toute seule. ^^

    Cependant, je pense qu’avec du travail on s’en sort ! 🙂 Comme toi, j’ai apprit à me faire un peu plus confiance meme si j’ai toujours beaucoup de doutes. C’est long, fatiguant mais j’en ressors tous les jours meilleure (oh c’est beau ^^).

    Désolée pour le pavé >< !
    Bisous 🙂

    • Keiry dit :

      On ne peut rien faire de plus avec les doutes si ce n’est vivre avec, ou du moins apprendre à vivre avec. Merci de partager ton épreuve avec moi, ne t’inquiète pas, ton pavé m’a fait beaucoup de bien. A bientôt 🙂

  2. Kevin dit :

    Des maux, des mots merci pour ce partage

  3. Annaboule dit :

    Hello 🙂 très bel article, tout en pudeur et en simplicité, mais touchant! J’ai aussi traversé des moments difficiles, notamment lors de mon adolescence, et aujourd’hui encore c’est pas la fête tous les jours! Parfois c’est difficile de comprendre ce qui nous arrive, et d’en parler, chacun est différent et certaines personnes ont du mal à saisir le concept… les gens peuvent même être blessants… enfin il faut s’accrocher! bon courage à toi, et bravo pour ton article! A bientôt 😉

    • Keiry dit :

      Merci de bien vouloir partager une partie de ça avec moi, on ne sait jamais si il est bien utile de partager ce genre de choses jusqu’à ce qu’on comprenne qu’on est jamais seul dans ce type d’épreuve. A bientôt 🙂

  4. Adélia dit :

    L’article qu’il fallait que je lise… Thank’s Bae

  5. carla dit :

    Merci pour ce témoignage , on se sent moins seule , je suis moi-même Autophobe avec un grand A (impossibilité d’être seule, et c’est faisable !bien que pesant pour les autres mais puisque je fais de grosse crise de panique ,tachycardie en mode alone , je fais peur ,je me fais peur et je leurs fais peur bref invivable la meuf lol )Alors comme vous je viens de prendre le taureau par les cornes, du coup RDV psy jeudi 🙂 , je trimbale cela depuis le décès de mes parents (certainement un sentiment d’abandon a l’origine ) j’étais trop jeune et mon cerveau dans sa version « mécanique » indépendamment de ma volonté, mon cerveau a imprimé que solitude=danger=panique=évitement. je ne suis ceci dit pas triste, je me sent juste complètement con d’avoir peur d’aller faire mes courses mais pas triste(aucunes idées noires , ma confiance en moi est assez bonne) . Je pense y venir a bout , je me sent enfin prête car j’ai des rêves, des projets … et les rêves et les projets c’est un moteur formidable.

    • Keiry dit :

      Les rêves et les projets sont un moteur formidable en effet, courage pour l’étape psy, ce sera dur, mais très utile pour s’en sortir 🙂

      • Sarah dit :

        Bonjour Keiry,

        Je voulais te remercier d’avoir partager ton expérience et t’être livrée aussi profondément, pour ma part, cela me prouve que je ne suis pas seule à vivre cela.
        Je ne suis pas encore allée consulter car y aller seule m’est impossible , mais j’y songe bien un jour.
        Je te laisse mon mail, si jamais tu veux partager tes peurs, doutes et qu’on se soutienne mutuellement.
        À bientôt

        Sarah.

    • Emilie dit :

      Coucou Carla! Je me reconnais vraiment dans ce que tu dis, cela fait des années qu’etre seule est impossible pour moi.. alors l’entourage (ou du moins mes parents) s’adapte, et la vie continue. Sauf que, voila un mois que je me suis forcée à rester seule et panique! Si je n’arrive pas à joindre ces ‘personnes de confiance’, je suis envahie instantanément par un stress immense.. enfin bon, bref, je me suis vraiment reconnue dans ce que tu décris et j’aimerais, si tu veux bien sur, qu’on puisse discuter. Ca pourrait peut etre etre bénéfique pour toutes les deux! Et ce rdv chez le psy, qu’est ce que ça a donné?
      Emilie (si tu veux me contacter > mismie@hotmail.fr)

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