Des mots d’amour

Au moment où j’écris ces mots, je suis au fond de la salle informatique d’une école de mode, à la fin d’une journée de montage éreintante, à me demander si lancer une pétition pour que les gens arrêtent de me demander ce que je fais pour la Saint Valentin est une bonne idée. Non pas que l’idée de Saint Valentin me dérange, loin de là, mais la sacralisation de son format le plus répandu (boite de chocolats + bouquets de fleurs à poster sur le gramme + menu St Val au restaurant en amoureux) est assez exaspérante, je dois bien l’admettre.

Non, je n’ai rien prévu de tout ça, ce jour. Il y a quelques années, j’aurais eu un peu honte de l’admettre, mais aujourd’hui je suis plutôt fière d’en être émancipée. Je n’ai rien fait pour ériger cette journée en journée de l’amour, mais elle en a été remplie à tous les niveaux. J’ai célébré chaque sourire ou conversation enrichissante, petite attention et moment de bonheur, comme je le fais chaque jour. Bien que certaine de ma méthode, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la normalité de mon approche. Ma désinvolture concernant la Saint Valentin questionne t-elle mon insouciance lorsqu’il s’agit d’amour ? Quelle que soit la réponse à cette question, c’est assez drôle de constater qu’avec les années, ma vision des choses à beaucoup évolué. Parlons d’amour…de soi, ou des autres.

L’amour est franc, clair, nécessaire.

J’ai toujours eu une vision un peu romancée de l’amour. Je voulais des petits mots, des fleurs et de jolies phrases, celles qui donnent ‘des papillons dans le ventre’, celles qui font se sentir mieux. Et puis je me suis dit que, si j’étais capable de me faire me sentir ‘mieux’, en travaillant sur ce que je considère comme des défauts, alors je n’aurais plus jamais besoin de me l’entendre dire par quelqu’un d’autre. C’est en procédant selon cette méthode que l’on en arrive à se remettre au centre des choses, pour se demander ce qu’on aime vraiment être. Ces aspects de moi que j’aime tant, sont ils uniquement le reflet de ce que les autres aiment à mon propos ? Si la réponse est oui, la recette est simple : une bonne dose de franchise et le double d’amour propre, en faisant ce qu’on aime, au moins une fois par jour.

Il touche l’âme et désarçonne l’esprit, prend des risques et n’a pas peur de se tromper.

Si je t’aime, c’est qu’il y a quelque chose en toi qui me touche. Pas dans le sens charity case du terme, plus dans le sens attendrissant, du terme. Et si je t’aime, je serai attentionnée envers toi. Pas tous les jours, pas toujours, mais je le serai. Je t’écouterai, et nous aurons des discussions passionnantes le plus souvent possible. Je voudrais certainement te voir souvent. Mais si je ne le fais pas, cela ne signifie pas que mon amour pour toi s’éloigne. Parfois, même si tu n’es pas satisfait(e) de ce que je te donne, j’aimerais que tu sois conscient(e) que c’est peut être tout ce que j’ai à t’offrir. However, je protègerai tes intérêts comme s’ils s’agissaient des miens à chaque fois que je le pourrai. Je rigolerai pendant 2 minutes si tu achètes un truc que je trouve moche. Je me permettrai de te dire la vérité. Tous les jours. Et parfois, je serais dure, mais toujours entière et loyale. Un dysfonctionnement dans ma personnalité fait que j’aime les choses difficiles. Je crois sincèrement que l’amour se mérite. Il se trouve parfois dans les petites choses que l’on ignore à propos de soi. S’il s’avère que je me suis trompée sur ton compte, je te reprendrai mon amour, silencieusement, sans jamais regretter de te l’avoir donné.

L’amour prend toute la place, renforce les fondations fragiles et ouvre de nouvelles portes.

Parce que…oui, du coup si je t’aime, il n’y a pas de place pour la compétition, la jalousie, les mesquineries et autres dramas inutiles. L’amour parle. Il prend toute la place. Il donne assez de force pour se tirer vers le haut, se soutenir, célébrer les projets de chacun et prospérer, ensemble. Dès lors qu’il n’est plus seul, l’amour comble les lacunes de tous. Les compétences des uns deviennent les opportunités des autres. On se consomme, entre nous. On aime le « pour nous, par nous ». Si ce n’est pas fait, c’est à faire. On le fait ensemble ? C’est aussi cet amour là qui ouvre de nouvelles portes, car on est plus nombreux à peser de nos poids sur la porte. Cet amour là, c’est l’amitié que je partage avec la familia. Ceux qui savent que cet extrait les concerne. Cet amour là facilite les choses. Il rend la vie plus jolie, plus intéressante, jamais plus triste.

Loin d’être aveugle, il est avisé, fait des choix. Si on le maltraite, il blesse, profondément.

Si je t’aime, cela ne signifie pas que j’ignore tes défauts, et que j’aime tout, chez toi. Certaines personnes ne partageront pas ma position, et c’est cool, ce n’est pas important. Je choisis de me concentrer sur ce que j’aime chez toi. Je choisis de rouler avec tes défauts, pour continuer à voir tes qualités. C’est la méthode la plus saine que je connaisse. Si je ne faisais pas comme cela, je te haïrais ‘par association’. Un être humain peut représenter à la fois ce qu’on aime, et ce qu’on déteste. Donc si je t’aime, c’est un choix.

C’est un peu cliché de le dire comme ça, mais la paix se trouve probablement au bout du chemin de l’amour, je ne saurais le dire autrement.

J’avais envie de sortir une phrase de Gift shop books. Du coup j’me sens comme une gourou-mantras d’Instagram. C’est plutôt stylé. Non mais sans rire, plus vous vous aimez et plus vous faites la paix avec votre corps. Par exemple, je ne me pèse pas mais je vois et sens les transformations que mon corps a connu ces derniers mois. Ce serait faux de dire que je n’ai rien fait pour ça. Manger mieux, être davantage à l’écoute de son appétit, marcher souvent et monter les marches dès qu’on le peut, ça fait la dif. Remercier son corps pour les progrès qu’il nous permet de faire, c’est faire la paix avec les reproches sur ses défauts. Plus vous vous aimerez, et plus il vous paraîtra naturel de vouloir progresser. Normalement, on veut tous le meilleur pour les gens/choses qu’on aime. On en prend soin, on cultive son jardin. Ce qui fonctionne pour les autres devrait commencer par soi. Je veux tout lire, voir tous les films qui me font envie, avoir une meilleure culture générale, apprendre plus de langues, voyager plus souvent, vivre des expériences qui se trouvent en dehors de ma zone de confort. Et ce nouvel état d’esprit colle parfaitement à mon motto pour cette nouvelle année : faire ce que j’aime, ce qui m’amuse, ce qui me rend heureuse. Et je veux tout ça pour moi, parce que je m’aime, que je le mérite, et parce que charité bien ordonnée commence par soi même. Je ne sais pas si je l’ai expliqué plus simplement que les les gourous-mantras d’Instagram, mais en tous cas c’est 100% raw.

Avec les années, la facette fusionnelle de l’amour me parait plus surcôtée que jamais.

Quand je t’aime, ne m’étouffe pas. N’essaie pas de me retenir. N’envahis pas mon espace vital. Ne t’aventures pas dans certains aspects de ma vie si je ne t’y introduis pas. N’abuse pas. Je suis née seule. Tu peux exister autant que j’existe. It’s a journey, not a course. C’est ton pied (avec) mon pied, pas « dans » mon pied. Cordialement, la direction.

Je suis convaincue que l’amour est à la fois libre, et magnétique. Il attire ce qui le nourrit.

J’aime qui je veux, parce qu’il y a des gens qui m’aiment pour des raisons qui ne m’intéressent pas. Je comprends que la façon dont je m’aime et dont je me traite est un indicateur sérieux sur la façon dont je peux accepter qu’on me traite. Si tu ne respectes pas ce que tu es, n’espère pas que les autres le fassent. On attire à soi que ce qu’on renvoie, c’est le côté magnétique du truc. Pour moi, c’est la traduction littérale de ‘you only get what you give‘. Ça a le mérite de fixer des standards naturellement. Pas pour se limiter à eux, mais pour avoir un indicateur sur ce qu’on est en droit de demander, par opposition à ce qu’on refuse d’accepter. Les standards peuvent varier, mais jamais l’alarme intérieure qui nous indique qu’une relation nous tire vers le bas. L’amour attire ce qui le nourrit. On ne propose pas de viande à un ami Vegan, et on ne sert pas de mépris à quelqu’un qui sait qu’il vaut mieux que ça. Juste parce qu’on sait, logiquement, que ce mépris sera identifié comme tel, car si différent de ce à quoi la personne est habituée. Je peux faire beaucoup de choses pour toi, pour l’amour que j’ai pour toi, mais je refuse d’être quelqu’un que je n’aime pas pour te faire plaisir. Je refuse de me contenter de quelque chose qui me fait du mal, sur le même principe. Je suis mon propre centre de gravité.

L’amour protège, et retient les leçons.

Si tu piétines mon amour, je le reprendrai, je le soignerai, je me le rendrai, et je te pardonnerai. Pas parce que je veux la paix pour toi, ni parce que je compte tout oublier. Mais parce que j’ai déjà testé le Karma, donc je sais que tu vas le tester aussi. (Et parce que flemme hein, en vrai). I’ll know better.

Tout est une question d’équilibre entre les doses qui nous reviennent, et celles qu’on accorde aux autres. Selon les périodes, vous serez prioritaires. N’en ayez pas honte. Bonne Saint Valentin tous les jours.

DNA/

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Keiry MOUNIEVOU

25 ans. Storyteller. Etudiante en Master de Marketing Digital à l'Ecole de l'Internet et de la Télévision. Raconter, capturer et partager le monde tel que je le vois, avec des mots, souvent.

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5 Discussion to this post

  1. Mirna dit :

    Non seulement je suis subjuguée par ton style mais en plus tu m’as donné une leçon de vie. Tes propos sont justes et chaque phrase est à sa place. C’est enrichissant et en même temps d’être d’une clarté doublée d’une sincérité attendrissante. Je te citerais volontiers. Très bel article! N’arrêtez pas Mademoiselle ou Madame si je dois me plier aux exigences actuelles…

    • Keiry dit :

      Merci mille fois pour avoir pris le temps de lire cet énorme pavé et si tu as apprécié, tout le plaisir était pour moi. Je me retiens souvent de partager ce type de contenu et quand je constate qu’il inspire certaines personnes (et pas n’importe lesquelles), ça me touche beaucoup. Il n’y a pas d’usage entre nous big sis, merci encore.

  2. AmberLiberty dit :

    Franchement tout est dit! C’est juste trop vrai ce que tu dis, C’est plein de sincérité et d’humilité, rafraîchissant !

    Tu a su mettre des mots sur ce que je ressent au plus profond de mon être. Je me suis toujours dis que aux égard à la difficulté et des rebondissements en amour, il convient d’anticiper toutes les marques d’affection envisageables, pour le futur.

    Si vous voulez mon avis concernant l’amour et la Saint Valentin, on se doit de fédérer les principales personnes qui nous entourent, même si ce n’est pas facile. Et c’est finalement ça le plus important.

  3. Elodie dit :

    Hello
    Je suis tombée sur ton blog via instagram ton style m’éblouit la façon de jouer avec les mots .
    C’est tellement vrai et juste
    Merci pour le partage.

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